Bonjour à toutes et à tous,
L’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique a le plaisir de vous convier à la soutenance de thèse de :
Craig Turner
Doctorat en sciences de l’activité physique

Craig Turner est chercheur en biomécanique de la performance pianistique et doctorant en kinésiologie à l’Université de Montréal. Il a obtenu un baccalauréat (2019) et une maîtrise (2021) en kinésiologie à l’Université de Lethbridge, où il a commencé à mener des recherches sur la biomécanique de la performance pianistique. En 2021, il s’est joint au Laboratoire S2M de l’Université de Montréal afin d’y poursuivre son doctorat sous la direction du Dr Felipe Verdugo et la codirection du Dr Mickaël Begon.
Ses recherches doctorales portent sur la cinématique du haut du corps chez les pianistes ainsi que sur leur exposition aux facteurs de risque biomécaniques associés aux troubles musculosquelettiques. Plus récemment, ses travaux ont examiné l’influence de la taille du clavier et du gabarit corporel des pianistes sur la posture des doigts, les mouvements du haut du corps et l’activité musculaire, avec une attention particulière portée aux contraintes biomécaniques auxquelles sont exposés les pianistes de plus petit gabarit.
Ses recherches ont été soutenues par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies (FRQNT), et ont été présentées par Radio-Canada ainsi que dans UdeM Nouvelles.
Titre de la thèse :
A Biomechanical and Ergonomic Investigation of Pianists’ Upper-Body Kinematics and Risk of Musculoskeletal Injury
Date : 09 octobre 2026
Heure : 12 h 30
Lieu : Salle 4240, Campus Laval
Jury :
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Pr Jason Neva (président-rapporteur)
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Pr Felipe Verdugo (directeur de recherche)
- Pr Mickaël Begon (codirecteur de recherche)
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Pr Donald Russell (membre du jury, Université de Carleton)
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Pre Julie Côté (examinatrice externe, Université d’Ottawa)
- Pre Clara Moreau (représentante du doyen de la Faculté)
Résumé de la thèse :
La pratique du piano exige des gestes précis dans les contraintes spatiales fixes du clavier. Puisqu’une même tâche musicale peut être accomplie au moyen de différentes stratégies de mouvement, les exigences biomécaniques peuvent être réparties différemment au sein de la chaîne cinématique du haut du corps. L’exposition des pianistes à des facteurs biomécaniques associés aux troubles musculosquelettiques liés à la pratique instrumentale (TMS) peut donc dépendre non seulement des actions distales de la main et du poignet, mais aussi de l’organisation des mouvements proximaux et des relations ergonomiques entre le pianiste et le clavier. Bien que les TMS soient très fréquents chez les pianistes, les recherches se sont surtout concentrées sur l’interface main-clavier, en accordant moins d’attention aux stratégies proximales, à l’anthropométrie et à la taille du clavier. Cette thèse a examiné les gestes du haut du corps de pianistes experts, incluant les mouvements proximaux et distaux, en lien avec les paramètres musicaux, les contraintes ergonomiques et les facteurs biomécaniques associés aux TMS.
Quatre études complémentaires ont été réalisées. Ces études ont utilisé des technologies biomécaniques complémentaires, notamment des centrales inertielles et des systèmes de capture optique du mouvement afin d’estimer la cinématique articulaire proximale et distale, ainsi que l’électromyographie de surface et l’électromyographie à haute densité pour quantifier l’activation musculaire des pianistes. L’étude no 1 a examiné les intentions expressives chez deux pianistes experts interprétant six extraits musicaux. Les intentions expressives ont augmenté les amplitudes articulaires proximales et distales et ont été associées à des postures du poignet plus statiques et non neutres, suggérant une plus grande exposition à des facteurs biomécaniques distaux associés aux TMS. En revanche, la posture du thorax est devenue plus dynamique et plus neutre. Les intentions expressives ont également été associées à une plus grande saccade du mouvement du poignet dans les extraits lyriques non virtuoses (c.-à-d. non techniques), mais pas de manière constante dans les extraits plus virtuoses (c.-à-d. techniques).
L’étude no 2 a examiné les stratégies du tronc et de l’épaule lors de mouvements répétitifs de saut. Lorsque le mouvement du tronc était utilisé, la variabilité du coude et de l’épaule augmentait et devenait comparable à celle du poignet, sans accroître la variabilité de la position médiolatérale du bout des doigts. Un tempo plus lent était associé à une plus grande variabilité de flexion-extension du poignet et du coude.
Les études nos 3 et 4 ont examiné l’influence de l’anthropométrie et de la taille du clavier sur les postures des doigts et l’activation des muscles de l’avant-bras, ainsi que sur les stratégies de mouvement proximal et l’activation musculaire du haut du corps, respectivement. L’étude no 3 a montré que les pianistes ayant de plus petites mains présentaient une plus grande activation des extenseurs des doigts et du poignet, ainsi que des postures des doigts plus abductées et moins fléchies que les pianistes ayant de plus grandes mains. Lorsqu’ils jouaient sur un clavier de dimensions alternatives (le DS6.0), les pianistes ayant de petites mains présentaient une activation réduite des extenseurs des doigts et du poignet, ainsi que des postures du cinquième doigt davantage fléchies et moins abductées, suggérant des exigences musculaires et posturales réduites pouvant être pertinentes au regard du risque de TMS. L’étude no 4 a montré que les pianistes ayant une longueur de bras et une taille corporelle plus faibles présentaient une plus grande amplitude de flexion-extension du tronc, ainsi qu’une plus grande activation des biceps et des triceps que les pianistes de plus grande taille. Le DS6.0 réduisait l’amplitude de mouvement de l’épaule ainsi que l’activation des deltoïdes, des biceps et des triceps chez les pianistes de plus petite taille, suggérant des exigences biomécaniques moindres pouvant être pertinentes au regard du risque de TMS.
Dans l’ensemble des quatre études, les cinématiques proximales et distales ainsi que les niveaux d’activation musculaire variaient en fonction des paramètres musicaux et des contraintes ergonomiques. Les mouvements proximaux étaient associés aux intentions expressives, à une plus grande variabilité des mouvements et à l’organisation temporelle des mouvements du haut du corps lors des déplacements sur le clavier, tandis que l’anthropométrie et la taille du clavier influençaient tant la cinématique et l’activation musculaire distales que proximales. Par conséquent, les facteurs biomécaniques associés au risque de TMS devraient être interprétés en fonction des interactions entre le pianiste, la tâche musicale et le clavier, plutôt que d’être attribués à une seule articulation ou à une seule stratégie de mouvement.
Cette soutenance est ouverte au public.
