Bonjour à toutes et à tous,
L’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique a le plaisir de vous convier à la soutenance de thèse de :
Clara Ziane
Doctorat en sciences de l’activité physique

La formation universitaire de Clara Ziane a débuté à York University, à Toronto, où elle a poursuivi simultanément deux formations, en musique et en kinésiologie. Pour elle, ces deux disciplines ont toujours été indissociables. D’un côté, la kinésiologie permet de mieux comprendre et optimiser le geste musical ; de l’autre, la musique est reconnue pour ses effets bienfaiteurs sur les santés mentale et cognitive.
C’est justement à l’intersection de ces deux domaines que Clara a commencé à développer son intérêt pour la recherche. Durant sa formation en musique, elle s’est intéressée aux troubles musculosquelettiques liés à la pratique instrumentale dont souffrent de nombreux musicien·ne·s. Elle a donc rejoint le Laboratoire de simulation et modélisation du mouvement (S2M) de l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique (EKSAP) de l’Université de Montréal, où elle a étudié l’utilisation d’un dispositif d’assistance au mouvement pour prévenir les blessures des violonistes.
Au cours de sa maîtrise, Clara a eu la chance de réaliser un stage à l’Institut de neurosciences des systèmes, à Marseille (France), qui lui a permis de découvrir la neurocognition de la musique. Cette expérience a marqué un tournant dans son parcours et l’a amenée à s’intéresser non seulement à la manière dont nous produisons les mouvements, mais aussi aux mécanismes cognitifs et cérébraux qui les sous-tendent.
Aujourd’hui, Clara termine son doctorat au Laboratoire international de recherche sur le cerveau, la musique et le son (BRAMS), sous la direction du professeur Dalla Bella. Ses travaux portent sur les liens entre le mouvement, les fonctions cognitives et les capacités rythmiques chez les aînés en bonne santé. Elle s’intéresse particulièrement aux mécanismes neurocognitifs qui permettent de produire des mouvements réguliers, et au rôle du mouvement dans l’évaluation des capacités rythmiques.
À travers son parcours, Clara a ainsi toujours cherché à faire dialoguer musique, mouvement et neurosciences. À terme, elle souhaite mettre cette approche interdisciplinaire au service de la santé, en développant des moyens créatifs d’étudier et d’améliorer la santé de populations à risque en gardant toujours, une place de choix pour la musique.
Titre de la thèse :
Influence de l’effecteur sur l’évaluation des capacités rythmiques : corrélats comportementaux et neurophysiologiques
Date : 28 septembre 2026
Heure : 13 h 00
Lieu : Salle D-427, Pavillon Marie-Victorin
Jury :
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Pr Felipe Verdugo (président-rapporteur)
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Pr Simone Dalla Bella (directeur de recherche)
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Pr Alexandre Lehmann (membre du jury, McGill University)
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Pre Leslie Decker (examinatrice externe, Université de Caen Normandie)
- Pr Karim Jerbi (représentant du doyen de la Faculté)
Résumé de la thèse :
La capacité à synchroniser ses mouvements avec des stimuli auditifs rythmiques (synchronisation audio-motrice, AMS), tels qu’un métronome, sous-tend de nombreuses fonctions cognitives et motrices. Des déficits de l’AMS peuvent être associés à des troubles neurodéveloppementaux et neurodégénératifs. L’AMS est généralement évaluée avec des tâches de tapping digital, reposant principalement sur un contrôle volontaire. À l’inverse, la marche est intrinsèquement rythmique et partiellement automatique. Comme certains troubles rythmiques affectent plusieurs effecteurs, l’existence d’un système général du rythme régissant l’ensemble des comportements moteurs a été proposée. Une telle hypothèse aurait d’importantes implications cliniques, puisqu’un entraînement réalisé avec un effecteur pourrait se transférer à d’autres mouvements. Cependant, le tapping digital et la marche sont rarement comparés directement.
L’objectif général de cette thèse était de déterminer si les mécanismes temporels et les substrats neuronaux impliqués dans la production de mouvements rythmiques sont communs à la marche et au tapping digital.
Trois études ont été réalisées. D’abord, une revue critique de la littérature a mis en évidence la prédominance des paradigmes de tapping pour évaluer et entraîner les capacités rythmiques. Cette revue a identifié trois caractéristiques distinguant la marche du tapping : la coordination de multiples effecteurs, le timing émergent associé aux actions continues et l’automaticité du mouvement. En outre, les paradigmes de doubles tâches semblent particulièrement efficaces pour mettre en évidence les différences de contrôle temporel dans la production de mouvements rythmiques, notamment chez les aînés qui sont plus sensibles aux interférences cognitives.
La deuxième étude comparait directement le tapping digital et la marche chez 40 aînés en bonne santé. Les participants synchronisaient leurs mouvements à des stimuli auditifs lors de tâches simples et doubles (oddball auditif). L’augmentation de la charge cognitive entraînait une hausse de la variabilité motrice lors du tapping, alors que la marche demeurait stable dans l’ensemble des conditions. Bien que l’AMS soit négativement affectée par la charge cognitive indépendamment du mouvement effectué, aucune corrélation n’était observée entre les deux effecteurs. Une étude complémentaire réalisée sur le sol a confirmé ces résultats, suggérant des mécanismes de contrôle temporel principalement distincts. Le système moteur étant essentiel pour le traitement de l’information au niveau cortical, nous avons émis l’hypothèse que des signatures neuronales différentes pourraient sous-tendre le tapping et la marche.
La troisième étude examinait les corrélats neuronaux de l’AMS à l’aide de l’électroencéphalographie (EEG) mobile. Après avoir adapté des méthodes de traitement du signal pour réduire l’impact des artefacts moteurs dans les enregistrements EEG, plusieurs mesures de synchronisation cortico-auditive ont été extraites. Le tapping et la marche amplifiaient la synchronisation cortico-auditive comparativement à l’écoute passive mais cet effet était plus marqué lors du tapping. La charge cognitive réduisait la synchronisation cortico-auditive, indépendamment du mouvement réalisé. Nos résultats suggèrent que la synchronisation cortico-auditive résulte d’interactions entre perception, action et cognition.
Dans l’ensemble, les résultats de cette thèse suggèrent que le tapping digital et la marche reposent principalement sur des mécanismes temporels et neuronaux distincts. Ces résultats soulignent l’importance de considérer les caractéristiques propres à chaque mouvement dans l’évaluation et l’entraînement des capacités rythmiques.
Cette soutenance est ouverte au public.
