Soutenance de thèse – Tram Bui

Date : 2 juin 2026
Heure : 9h

Bonjour à toutes et à tous,

L’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique a le plaisir de vous convier à la soutenance de thèse de :

Tram Bui
Doctorat en sociologie

Tram Bui est doctorante en sociologie à l’Université de Montréal, où dans le cadre de sa thèse, elle examine les lens entre performances corporelles et normes de genre et de race dans l’univers sportif.

Elle est également cofondatrice d’un projet de plein air avec personnes immigrantes au sein du Comité d’éducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et Saint-Henri, un organisme d’éducation populaire autonome. Le projet, qui alterne sorties de plein air et moments de partage, vise à faire découvrir aux participant·e·s et aux coordonnatrices leur capacité de création collective pour faire face aux enjeux qui les concernent.

 

 


Titre de la thèse :
Le sport, un révélateur des liens entre performances corporelles et normativités de genre et de « race ».

Date : 02 juin 2026
Heure : 9 h 00
Lieu :  via Webdiffusion en direct : Cliquez ici

ID de réunion: 818 2316 9650
Code secret: 603929

Jury :

  • Pr Ahmed Hamila (président-rapporteur)
  • Pre Marianne Kempeneers (directrice de recherche)
  • Pre Véronique Boudreault (codirectrice de recherche)
  • Pre Suzanne Laberge (codirectrice de recherche)
  • Pre Sirma Bilge (représentante du doyen de la Faculté)
  • Pre Guylaine Demers (membre du jury, Université de Laval)
  • Pre Elsa Galerand (examinatrice externe, Université du Québec à Montréal)

Résumé de la thèse :

Cette thèse se penche sur les fonctions des discours d’inclusion et de diversité dans l’univers sportif contemporain. Je soutiens que l’arrivée de ces discours a pour effet de détourner l’attention des exclusions persistantes, fondées sur le genre et la racisation.

Le premier article consiste en une revue de la portée des politiques équité, diversité et inclusion (ÉDI) qui concernent les athlètes de haut niveau. Cette revue montre que ces politiques tendent à ne pas performer ce qu’elles énoncent. Alors même qu’elles reconnaissent que le genre n’est pas binaire, elles opèrent largement dans un cadre de genre binaire. De plus, bien que des recherches aient indiqué que les femmes racisées des pays du Sud global sont la principale cible des contrôles de genre, les politiques ÉDI, de même que les travaux sur celles-ci, tendent à focaliser sur le genre, délaissant largement l’axe racial et les oppressions imbriquées.

À partir de 20 entretiens auprès de dirigeantes et d’athlètes de soccer et d’haltérophilie, de même que des employé·e·s du Comité International Olympique (CIO), le deuxième article aborde l’articulation des langages de diversité et d’inclusion à des rapports de pouvoir. Précisément, je me penche sur les fonctions de ces discours, dans un paysage sportif marqué par le déploiement en 2021 du Cadre pour l’équité, l’inclusion et la non-discrimination sur la base de l’identité sexuelle et de l’intersexuation du CIO. L’analyse montre que ces discours, parfois stratégiquement ambigus, tendent à masquer les exclusions et les contrôles des athlètes trans, lesquels ont désormais lieu « par la porte arrière ».

Enfin, le dernier article examine le cas d’une ligue de roller derby, sport adhérant à une éthique do-it-yourself, et conçu à la base par et pour les femmes. Depuis quelques années, le sport affiche une rhétorique d’inclusion des identités de genre, ainsi qu’un engagement antiraciste. J’ai réalisé des entretiens auprès de sept pratiquant·e·s d’une ligue au Québec pour examiner comment se formulent et se négocient les discours d’inclusion. Mon analyse, à la lumière de la perspective des space invaders de Puwar (2004), montre qu’en dépit de l’arrivée de corps « différents », le roller derby reste un milieu fortement marqué par des normes somatiques blanches, cis et binaires. Des expériences vécues de racisme et de transphobie sont rapportées, mais sont minimisées en raison de ces normes « sédimentées » dans cet espace.

Cette thèse, déclinée en trois articles, éclaire donc comment les discours d’inclusion et de diversité s’articulent aux rapports de pouvoir qu’ils contribuent à légitimer et à reconfigurer. L’analyse des fonctions de ces langages—notamment quand ils servent à atténuer ou occulter les logiques structurelles de discrimination—amène à nous interroger sur ce qu’ils permettent (ou empêchent) de penser et de transformer.

Cette soutenance est ouverte au public.