Source : SRC – Cote-Nord, 2 octobre 2025, par Lucas Sanniti
Une équipe de l’Université de Montréal (UdeM) sera à Uashat mak Mani-utenam cet automne pour étudier les effets de l’activité physique chez les femmes innues enceintes. L’objectif est de dresser un portrait des habitudes des patientes autochtones et de créer des outils pour offrir des conseils adaptés.
Le projet est mené par Julie Lavoie, directrice de l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’UdeM. Elle est accompagnée du doctorant Olivier Chenette-Stewart et de l’étudiante à la maîtrise Aurélie Boutin-Bruce. La démarche est le fruit d’une collaboration avec la directrice des services de santé d’ITUM, Marceline Tshernish.
Au cours de précédents travaux, Julie Lavoie s’est intéressée aux effets de l’activité physique pour prévenir des problèmes de haute pression durant la grossesse.
J’avais une préoccupation particulière pour les communautés autochtones parce qu’il y a un certain bassin de littérature qui démontre qu’il y a plus de diabète durant la grossesse
, explique la chercheuse. Ça augmente beaucoup plus la probabilité que les enfants et les mamans aient du diabète plus tard.
Un retour aux sources
C’est après avoir contacté Marceline Tshernish que l’équipe de recherche a constaté un vif intérêt pour l’activité physique dans la communauté.
Marceline nous a fait remarquer que promouvoir l’activité physique pendant la grossesse, c’est un peu une promotion de leurs racines en quelque sorte
, raconte Julie Lavoie. Quand elles étaient enceintes, elles faisaient du portage de canot, elles continuaient d’être actives.
C’est un retour aux traditions que Noella Mckenzie, une aînée de 73 ans, souhaite voir davantage chez les jeunes mères de sa communauté. La kukum de Mani-utenam se souvient d’un temps où les femmes parcouraient les terres, mêmes enceintes.
Ma grand-mère, c’était une sage-femme. Elle accompagnait des couples qui s’en allaient à la chasse pour aider la femme enceinte lors de son accouchement
, se remémore-t-elle.
On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. On devrait reprendre ces techniques-là, comme les Innus faisaient avant.
